LA FIN DE "LOST", C'EST ICI
(et seulement ici, il semblerait)
(et seulement ici, il semblerait)
L'occasion pour moi de passer un petit coucou en coucoup de venvent aux bloggeurs que je n'oublie pas (non !) et que je lis parfois (si !), entre deux courses à cloche pied sur la piste cyclable de la vie en société : Grim, Ame Tourmentée, Miss P, Fanfan, Corto, Marie, Anonymes, Bot et j'en passe (je crois) ! Je n'ai pas eu la mut' tant espérée, mais je vais tenter de me loger sur place en semaine (j'ai repéré de très beaux ponts), l'année prochaine, auquel cas j'aurais plus de temps (on y croit fort), y compris pour le blogging et, j'espère, pour vous retrouver tous et toutes (notez la thématique Lostéenne jusque dans l'accroche générique).
En attendant...
SPOILER !
(j'ai toujours rêvé d'écrire ça).
Parce que Lost, c'était bien, parce que Lost, c'est fini, parce que Lost ça fait triste et parce que Lost, ça a l'air d'échapper à pas mal d'internautes en terme de conclusion, maître L. descend de son ermitage professionnel et rompt son vœu de silence (imposé) le temps de quelques éclaircissements de bon aloi (car comme chacun sait, ici, l'aloi, c'est MOI !) (ou lui, il faut que nous nous mettions d'accord là-dessus tous les deux).
Sur internet, donc, pour peu qu'on comprenne le "langage" sms et/ou que l'on ne soit pas trop regardant côté fautes d'orthographes, on peut lire des cris indignés et des taxations d'escroquerie vociférées avec une aisance argumentative préhistorique.
On peut lire, aussi, des interprétations complètement abracadakamehamehantesques (c'est dire), d'autres très intéressantes (parfois), mais appliquées à chercher midi à quatorze heures avec beaucoup (trop) de zèle et/ou tirées par les cheveux de John Locke (ceci expliquant sans doute cela).
Qu'à cela ne tienne, que tous et toutes se le tiennent pour écrit : la fin de Lost, ça n'est pas compliqué, c'est dix minutes de réflexion pour tout remettre en ordre, et comprendre que beaucoup d'éléments des saisons précédentes (notamment les premières) étaient un peu (beaucoup) "gratuits", pensés en terme d'ambiance plus qu'en terme de sens supérieur. Aussi tout ne s'expliquera-t-il pas dans le détail, mais est-ce bien important, quand la trame générale se tient et évite brillamment l'écueil du grand-guignol, craint depuis les toutes toutes premières minutes de la toute toute première saison ? !
Et pour le reste...
Décryp(tozool)tage !

1)Les flash-sideways :
On l'aura compris, c'est annoncé explicitement en fin de parcours : tout a bel et bien eu lieu et l’Ile est un endroit réel, sûrement pas un purgatoire, un enfer ou un paradis comme on peut le lire ça et là. Par contre, la réalité alternée de la saison 6 est, elle, effectivement, une sorte de purgatoire : un “lieu” symbolique hors de l’espace et du temps qui précède, pour chaque personnage, le moment de mourir. Plus explicitement : c’est le fameux moment, dans les expériences de mort imminente, où la personne a l’impression de voir des proches disparus l’accueillir et l’emmener vers une lumière blanche. Comme nos rêves nous semblent longs alors qu’en réalité, ils représentent de très courtes phases de sommeil, cet instant final peut ressembler à une vie entière, alors qu’il ne dure, dans le monde physique, que le temps d’une agonie (cf Jack, Juliet, …). Tous les personnages de Lost sont morts : pour certains, on a pu assister à ce trépas en cours de série, pour d’autres (Hurley, Ben, Kate and co), ce sera venu ensuite.
Mais au risque d'enfoncer des trappes de bunker ouvertes, tout ce qui s’est passé avant a bel et bien eu lieu.
2) L’Ile, maintenant.
Côté mythes modernes, on peut trouver, il me semble, des légendes ayant trait à certains lieux et lignes de pouvoirs (mana ?) dont la nature échappe même à ceux qui les colportent, des endroits aux propriétés quasi-miraculeuses dont on ignore la vraie nature (à croiser avec les histoires de bateaux fantômes, de triangle des Bermudes, mais aussi de kamikakuchi japonais, ou même un certains nombres d’histoires de fées de la culture anglo-saxonne, dans lesquels des personnages accostent sur des iles mystérieuses sur lesquelles le temps passe de manière différente) . Bien entendu, jusqu’à preuve du contraire, cela reste du folklore mais c’est ce folklore (et bien d’autres encore) que Lost entend exploiter comme matière scénaristique, en s’attardant sur l’un de ces lieux de pouvoir en particulier (Bernard évoque d’ailleurs les autres dans une des toutes premières saisons, du reste).
L’Ile n’est donc pas une illusion ou une vue de l’esprit : c’est un endroit physique aux particularités exceptionnelles, qui défient l’entendement. Or comme tout lieu, il a son histoire, il a vu débarquer des peuples d’horizons divers (la plupart du temps, suite à des naufrages), les a vu essayer de s’installer, de fonder des débuts de civilisations, etc… D’où vestiges, melting pots divers et variés. D’où, aussi, le Projet Dharma, qui ne représente pas un point-clé du scénario mais juste un des nombreux détails, anecdotique, d’une histoire étirée sur des siècles, si ce n’est des millénaires.
Ces lieux de pouvoir peuvent être envisagés comme des endroits où une énergie ancienne (pure, inexplicable, quasi-mystique, enfouie dans les profondeurs de la terre) remonte au point d’affleurer à la surface : comme leurs pouvoirs sont réputés, nombreux, hier comme aujourd’hui, ont voulu en percer le secret pour s’approprier ce pouvoir (ou au moins le comprendre). Jacob (ainsi que ces prédécesseurs ?) a donc veillé à ce que seuls des personnes “choisies” puissent y poser le pied, et à ce que nul ne puisse en repartir.
3)
Quelle est la nature de cette énergie, alors ?
La Vie
Quelle que soit sa nature véritable : mystique, physique, extraterrestre… Cette Vie primordiale, qui a donné naissance à toutes les espèces vivantes (avec lesquelles elle garde un lien, puisqu’ils sont des parties d’elles. Ils sont donc tous bel et bien reliés entre eux, à travers elle) (Jacob dit, entre autres, que “les êtres humains ont tous une part d’elle en eux, et qu’ils en voudraient toujours plus”), et qui possède une forme de conscience (subconsciente ?) : elle essaie, comme toute forme qui en découle, de survivre.
Eteindre sa flamme, c’est donc choisir la mort, choisir de tout anéantir, de mettre fin à toute vie sur terre. Le monstre de fumée noire, lui, apparaît comme son antithèse, la mort (car la vie sans la mort ne peut exister, et vice versa) : ce n’est pas le frère de Jacob, comme on pourrait le croire (celui-ci repose aux côtés de leur mère adoptive) mais une entité que la mort de ce dernier a libérée/crée (par exposition directe de
Le pouvoir de l’Ile (comprendre : la lumière) s’étend sur les êtres vivants, ceux du monstre (qui est aussi une émanation de l’Ile), sur ce qui n’en relève plus (jusqu’à pouvoir ressusciter les êtres, mais privés de la part de Vie qui brillait en eux. Cf Sayid). C’est la raison pour laquelle il ne faut pas qu’il s’échappe, sous peine de tout anéantir. C’est aussi la raison pour laquelle il est obsédé par l’idée de fuir ou de détruire son antithèse, sans qu’il y ait la moindre rationalité ni réflexion derrière : c’est purement, essentiellement instinctif, compulsif. C’est aussi, sans qu’il s’en rende compte, pourquoi il est condamné, lui aussi, même s’il gagne. Car comme la vie sans la mort ne peut exister, l’inverse est tout aussi vrai : dès lors, quand Desmond enlève le “bouchon” de la source, et quand la vie commence à s’éteindre, que la fin du monde commence, le monstre perd ses pouvoirs et devient un simple mortel, lui aussi. Avec la conséquence que l’on sait.
4) Et après ?
Finalement, Jack meurt aussi, puisqu’il a été blessé à un moment où les pouvoirs de l’Ile ne pouvaient plus le protéger. Mais avant de mourir, il peut voir l’avion de Kate et des autres quitter l’Ile, et il peut mourir avec la certitude que “tout cela n’aura pas été vain”. En les retrouvant, qui plus est, hors de l’espace et du temps…
Bien sûr, la question de la vraie nature de
Si le dénouement a pu décevoir certains, c’est parce que les scénaristes ont pris le parti d’écrire une série "proche de la réalité", un fantastique aussi rationalisé que possible : bien sûr, ce n’est ni réel, ni rationnel, ça va sans dire, mais l’ensemble s’efforce de lier un nombre vertigineux de mythes et légendes de différentes cultures, pour essayer de leur donner un sens “tangible”, une raison quasi-scientifique, qui ne tiendrait du miracle que parce que nous ne pouvons pas comprendre en quoi ce n’en est pas un. Les auteurs n’ont pas pu donner de réponses définitives sur la lumière, car ni eux ni nous ne les avons, ces réponses. En inventer aurait été “mentir”. Elles restent à découvrir, car elles dépassent le simple cadre d’une série TV.
5) Reste le Projet Dharma, Walt, et l’impression qu’ont beaucoup de s’être “fait avoir” de ce côté-là.
Il faut, ici, se rappeler qu’au départ, Lost était prévu pour 10 saisons, que le contenu de ces saisons était prévu depuis le départ (les lignes directrices, en tout cas). Les chutes d’audience en saison 2 ont obligé les auteurs à condenser ce qu’ils avaient prévu pour pouvoir traiter tout ce qu’ils avaient commencé à développer (d’où certains passages et certaines révélations passablement expédiées, hélas). D'où, aussi, un certain déséquilibre en terme de construction : les deux premières saisons ont été développées au rythme voulu, puis la force des choses a fait que les suivantes ont dû être "concentrées", ce qui, au final, aura donné plus d'importance à certains détails qu'à certains points-clés de l'histoire.
Car comme toute série, celle-ci est construite sur des “arcs”, dont l’importance va crescendo. Le fait de n’avoir plus les moyens de développer ceux-ci les uns après les autres a obligé les auteurs à les mélanger au lieu de les aborder chronologiquement et de les clore au fur et à mesure, de manière graduelle, ce qui crée une certaine confusion et fait que le “moins important” côtoie le “plus important” sur un faux pied d’égalité. Tous ces arcs se construisent sur un affrontement duel “noir contre blanc” (avec un nouveau “super bad guy" à chaque fois), comme Locke l’annonce à Walt dès les premiers épisodes de la saison 1, et sont sensés apporter un peu plus de réponses pour conduire logiquement à l’arc suivant .
Dans cette optique, si les expériences du projet Dharma auraient eu une vraie importance en première moitié de série, pour amener à dévoiler petit à petit les mystères de l’Ile, des Autres etc, il n’en a presque plus aucune pour ce qui est de la seconde moitié, au regard de laquelle il n’apparaît que comme un “accident évènementiel” (et que dire de Walt, qui est encore moins important que ça ? !).
Ce n’était quand même pas si compliqué, si ?
Pas satisfaits pour autant ? !
Attendez la sortie en DVD, avec les vingt minutes supplémentaires ajoutées au "Finale"... Pour le meilleur, ou pour le pire ?
Nouveau mystère...
Et si vous cherchez d'ores et déjà un titre pour compenser l'absence, Canal + est dans les startings-blocks pour diffuser CECI, alléchant jusque dans les visages connus, mais hélas boudés aux Etats-Unis, et réduit à une seule et unique saison.
A bon entendeur...