Suite empesée de "notre" grand cycle auto-psychanalytique, avec des bouts d'enfance dedans, sur le thème incontournable de... la Vie. Rien de plus, rien de moins. Ce qu'elle est, ce qu'elle n'est pas, ce qu'elle devrait être, ce qu'elle ne sera jamais. Demandez le programme : il est exi-sten-tiel !
Séance 2 :
Qu’est-ce que vivre, au fond...
Si ce n’est la quête insensée d’une place, d’un endroit secret qui nous serait destiné - ne serait destiné qu’à nous -, et auquel nous-même serions destinés depuis le commencement. Un endroit qui nous attendrait comme une oasis au bout du voyage, un havre où s’installer, dénouer ses lacets, s’allonger sur le sable...
Nous l’aurions cherché notre vie durant, marchant, fouillant, scrutant, râlant et bataillant sans cesse, sans bien savoir, au fond, ce que nous recherchions vraiment, et voilà qu'un jour, nous l'aurions trouvé... Par hasard, forcément. Aucun doute raisonnable, dès lors : c’était ce fameux rêve, cette aurore boréale, ce doux mirage après lequel nous courions fiévreusement ! Enfin, enfin, nous serions arrivé au bout de notre quête, nous pourrions ouvrir nos valises, ranger nos ambitions, arrêter de courir, reprendre notre souffle, nous asseoir là pour regarder le ciel s’essouffler à notre place. Nous n’aurions plus rien à rêver, alors, nous n’aurions plus rien à souhaiter, plus rien à convoiter, à désirer, à jalouser, et guère plus à souffrir. D’une certaine manière, oui, notre vie s’arrêterait là. Précisément : là où elle devait s’arrêter, auprès de qui elle devait s’arrêter, auprès d’une personne différentes des autres, qui n’existera que pour nous et pour laquelle, nous-même, nous existerions tout entier.
Peut-être - aussi - que cet endroit, que cette personne n’existent pas. Peut-être que nous ne les trouverons jamais parce qu’en réalité, nous ne sommes destinés à rien, et que rien ne nous attend au terme du voyage, et qu’il n’existe rien en ce monde qui serait « exclusivement pour nous », et encore que notre quête insensée n’aura jamais de fin, et enfin que c’est précisément cela, vivre : ne courir qu’après des mensonges, des feux follets, des illusions, qui valent toutes les réalités du monde mais que nous ne pouvons rattraper.
Peut-être, du reste, que c’est justement le fait de ne pas pouvoir les rattraper qui fait la vie si belle, si fragile, si précieuse. Peut-être aussi que vivre, ce n’est qu’arpenter le chemin qui nous amènera à comprendre, à accepter, à être sage et à apprécier le voyage pour ce qu’il est, plus que pour sa destination. Peut-être que ce qui importe, dans une quête, ce n’est pas tant son but que ce qu’elle nous permet de vivre, ses épreuves, ses leçons et ses instants de grâce, et peut-être enfin que, quand le voyage s’achève, c’est tout qui s'achève avec lui ? ! Peut-être que vivre, ce n’est que s’acharner à vivre, encore, et encore, et encore, et que les quêtes que nous nous inventons ne sont là que pour nous donner des raisons de nous acharner, de tenir bon, de rester la tête haute et de ne pas baisser les bras à la première difficulté.
Pourtant…
Pourtant, on dit bien qu’il y a des trésors, aux pieds de l’arc-en-ciel, alors… Et si ce lieu, si cet Eden, si cette « personne rien que pour nous » n’étaient pas des mensonges ? S’ils existaient vraiment, s’ils nous attendaient quelque part, à un croisement, au sommet d'une colline, et qu’en ne cherchant pas assez, en cédant trop vivement à la facilité, en ne poursuivant pas nos rêves avec une passion suffisante, nous passons à côté pour ne pas avoir eu la foi ?
Et dans ce cas, en admettant qu'ils soient vraiment la raison profonde de notre voyage, notre seule destination, que nous arriverait-il, si nous les découvrions en chemin ? Est-ce que tout se terminerait là, subitement, sans cérémonies, ou est-ce que ce ne serait là que le début d’autre chose, d’une véritable vie, d'un véritable rêve, mais éveillé, cette fois, ou de ce pour quoi nous sommes sur cette terre ?
Surtout, surtout, que se passerait-il si nous devions atteindre ce lieu, si nous rencontrions cette personne avant même d’avoir avancé sur ce fameux chemin, d’avoir entamé notre voyage, d’avoir fait nos premiers pas d’« homme » ? Que se passerait-il si, tout à coup, tout était là, sous nos yeux, à portée de la main, sans que nous ayions rien dû faire pour l'obtenir ? Quelle pourrait être notre vie, alors ? Une félicité de tous les instants, ou un grand vide que rien ne saurait plus combler ? Si cette chance nous était donnée, ne serions-nous pas censés tout tenter pour ne pas la laisser passer, ne rien perdre de ce que nous y aurions gagné et garder, protéger ce trésor envers et contre tout, jalousement, quels que soient les sacrifices qu’il nous faudrait faire ou les efforts que cela demanderait ?
Aussi heureux soit-on, comment vivre avec le sourire, quand on sait que tout pourrait nous être enlevé en un instant ? Ne vaudrait-il pas mieux que tout se termine là, au Paradis, même si rien n’a véritablement commencé ? Au fond, que pourrions-nous rêver de mieux ? Qu’est-ce que l’avenir pourrait bien nous offrir, quand il est si pressé, si avide de tout nous reprendre ?
Le Paradis, c’est peut-être aussi d’« ignorer », de ne pas savoir, de ne pas être conscient que tout peut cesser, disparaître, s’évanouir en un claquement de doigts... De pouvoir croire pleinement, profondément qu’on a trouvé, enfin, qu’on n’aura plus à chercher, désormais, et que cela durera toujours, toujours, toujours…
Mais cela existe-t-il vraiment, sur cette terre, les choses qui durent toujours ?
Sans doute que non. Pourtant...
Comment ne pas se surprendre à y croire ?
11 commentaires:
la photo du banc....magnifique! un "poil" de contraste en plus et c'était parfait..(ouf) ;-)
Yeeeeeeesssssss ! Si j'arrive même à obtenir des compliments de LA spécialiste du genre, c'est que je suis sur la bonne voie (oui, je sais, Corto. Laisse-moi épargner tes doigts artritiques : "ma seule bonne voie, c'est celle avec un précipice au bout") ! Merci Merci ! Je vais faire en sorte de m'améliorer petit à petit. Mais avec l'appareil que j'ai (premier prix chez LIDL), les questions de contrastes sont.... euuuuhhh... ne sont pas vraiment à l'ordre du jour. Je suis un peu contraint d'aborder les choses comme elles viennent, mais ça me convient pour l'instant très bien.
Dommage pour le "parfait" (soupir).
Ce sera pour une autre fois ! C'est déjà encourageant !
je blaguais, elle est parfaite.
L'angle de prise de vue, le sujet, la luminosité et la mise en scène. Après c'est du détail technique qui effectivement dépend du post-traitement. Il faut aller voir les photos d'un maitre tel que henri Cartier Bresson, cela devrait t'intéresser. Belle journée!
oui, et les ombres, hein!? très zimportant les zombres!!!! essentiel!
nous avons tous cela, notre part d'ombre!!!
Je me demande si en noir et blanc ça ne gagnerait pas en force !
Grandes et belles questions que tu te poses là bidulemuche ! S'il n'y a pas de Réponse(s) c'est sans doute parce qu'au grand jeu du "et si..." chacun choisit la réponse qui lui plaît.
A titre personnel, ça dépend pas mal des jours. :)
Quoiiiiiii ? Il doit bien y avoir UNE vérité, quand même ! ! Un truc non-arbitraire, là. Dans l'Absolu.
Ben pourquoi ? Moi ça me plaît bien qu'il y ait une Vérité par personne. Genre : tu crois au Destin, tu as un Destin ; tu n'y crois pas, tu n'en as pas. Ca donnerait encore un autre sens au libre arbitre !
Surtout quand on commencera à aborder des considérations de type "lui, sa vie sera régie par le libre arbitre. C'est le Destin qui l'a voulu ainsi" et autres débuts de scénars standarts...
@AStrale : merci beaucoup pour les compliments... et les références ! Je vais voir de ce pas ! (j'espère juste que je ne marcherai pas sur mes lacets...) ; )
Mwhahahaha ! Il est trop fort le Destin ! Ca devrait d'ailleurs te faire flipper encore plus !
Le dauphin ?
Même pas peur, du Destin ! Lui et moi, on est par-te-naires. C'est juste un partenariat à sens unique impliquant des chutes régulières de météorites (métaphoriques).
Une raltion saine, d'géal à égal.
Faudrait juste que quelqu'un le mette au courant, quoi.
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