mercredi 31 décembre 2008

Le coup de coeur d'un soir-charnière



Pour terminer l'année (ou la commencer, selon de quel côté de la frontière vous me lisez !) l'oeil qui pétille, le sourire en bandoulière et le coeur qui bat ultra-bright, rien de tel qu'une petite friandise japonaise à déguster sans modération. Et pourquoi pas la boîte, même, en période de fête ?


La boîte, ici, s'appelle Tokyo Marble Chocolate, et elle tient autant de la petite douceur cacoéfiée que de la mignardise.

Le principe ? Deux petits jours, une tranche de vie, une toute petite histoire d'amour (au sens "immense" de "petite"), tatônnante, simple, touchante, maniérée mais authentique, en deux épisodes de 25 minutes, l'un intitulé "lui", l'autre intitulé "elle", qui ne se suivent pas mais ont lieu... simultanément ! Deux points de vue, donc, sur les mêmes évènements, les mêmes incompréhensions, les mêmes quiproquos, les mêmes "manqués", les mêmes hésitations, à cet effrayant point-charnière de toute relation où l'on bascule du "jeu" au "je", et de ce "je" au "nous". En guise de Cupidon, entre les deux, un petit âne espiègle aux faux airs de punk à l'ancienne, comme seuls les nippons savent en inventer (j'espère)...

Première oeuvre coup-de-coeur en forme d'exercice de style (qui n'est pas sans rappeler le remarquable - mais pas remarqué - "Martha, Daniel, Frank et Laurence"), ce dyptique insolite célèbre de bien belle manière les vingt ans des sociétés Production I.G. et BMG Japan, en se démarquant par son originalité narrative et sa fluidité, mais aussi par son incontestable élégance graphique : décors pastels, personnages longilignes aux oreilles en anse de marmite... Déconcertant de prime à bord, mais il suffit que tout s'anime pour que le spectacle se transforme en un vrai bonheur de chaque instant (de chaque seconde, même), tout aussi élégamment mise en valeur par une bande musicale minimaliste et réjouissante.


On regrettera donc que chaque épisode n'ait pas bénéficié de son quart d'heure supplémentaire et que la relative briéveté de ces deux opus ôte en épaisseur à l'ensemble, et on excusera en passant quelques facilités scénaristiques qui, par chance, n'enlèvent rien à la qualité de l'écriture comme de la mise en scène.


Une fantaisie d'auteur, réaliste de la plus naïve (au sens positif du terme) et irréaliste des manières : charmant, charmeur, habile, touchant.


Aussi euphorisant qu'une boîte de chocolat... Les calories en moins !

Pour se mettre dans l'ambiance, double trailer à goûter ici, sans complexes :

Lui : http://fr.youtube.com/watch?v=UdicRlhDCw8

Elle : http://fr.youtube.com/watch?v=9tc3wlEXGgE&feature=related

12 commentaires:

Corto a dit…

Ah ben là au moins les liens youtuve fonctionnent ! C'est déjà ça...

L. a dit…

"C'est déjà ça".

Serait-ce une attaque détournée contre mon exceeeelleeeeent billet de critique, mmmh ? Voire mes exceeeellleeeents billets en général ? !

Ne me dis pas que je ne t'ai pas donné envie de l'acheter, ce TokyoMarbleChocolate. Non ? Evidemment ! Tu sais que tu le verras gratuitement un de ces jours... Que tu le veuilles ou non.

Corto a dit…

Ben ouais. Autant que je garde mon fric.

L. a dit…

J'le crois pas !

Ce pingre !

C'est comme ça que tu encourages les artistes ? Mhhhh ?

En plus, c'est sorti chez Kaze, alors fais un effort !

Ils ont pas fini de payer leurs bonus de Lodoss faits-maison ! (ceux où ils payent un gars de chez Arte pour t'expliquer que ce que tu regardes c'est très mauvais et qu'ils t'ont arnaqué sévère. une grande première, dans le monde du "bonus").

L. a dit…

Moi qui pensais qu'avec la nouvelle année, tu serais moins aigri...

Corto a dit…

Arrêtes avec Arte nom de Zeus ! Ils auraient pas fait des trucs comme ça sur Lodoss.

Pour en revenir à tes douceurs chocolatées du nouvel an, je dirais que je suis entièrement d'accord sur tout. Autant sur le plaisir que j'ai eu à les regarder que sur la frustration ressentie du fait des minutes qui manquent à chaque épisode. Alors c'est évident qu'on sait exactement ce qu'on aurait eu dans ces minutes-là au niveau guimauveries, mais autant on peut/doit, faire des ellipses dans la plupart des histoires, autant c'est assez ridicule dans une bluette. Parce que déjà que dans une bluette il n'y a pas grand-chose, en enlever encore c'est presque un crime. Surtout quand on a autant de sympathie/pitié/empathie pour ces deux personnages, riches de tous les défauts typiques des vrais romantiques et qu'on pourrait résumer à une maladresse totale façon échec-critique-permanent. Je ne parlerai pas du ptit âne. C'est un délire sympathoche mais qui aurait été encore achement plus sympa si l'histoire avait été plus étoffée. Là, ça phagocyte un peu trop le reste pour que je l'apprécie à sa juste valeur (et un âne punk a une indéniable valeur intrinsèque).

En gros, c'est super bien, mais si ça m'avait un peu plus tordu les tripes à coup de larmes et de dialogues fleur bleue, eh ben j'aurais pas craché dessus non plus. M'enfin je ne bouderai quand même pas mon plaisir : c'est à avoir dans sa collec !

L. a dit…

Ouah. Tu parles bien, Corto. Même quand t'écris.

Tu es d'accord avec moi et je suis d'accod avec toi. C'est là le fondement de toute amitié durable, on dirait bien.

Mais c'est plus subtil que cela, en fait : vu qu'on a tout les deux raisons, on tombe forcément d'accord, puisqu'il n'y a qu'une seule vérité, DANS L'ABSOLU.

Pour ce qui est de l'avoir dans TA collec', rassure-toi, le Destin et moi y travaillons un peu plus tous les jours...

Corto a dit…

J'ai pas dit que j'étais d'accord avec toi si tu relis bien...J'ai dit que j'étais "d'accord avec tout".

De toutes façons, vérité absolue ou pas, je vois pas comment nos avis pourraient diverger sur une une bonne bluette simple et naïve. Je vois pas. Ca porte en soi tous les ingrédients dont on se nourrit au quoitidien. On est des vampires qui absorbent la naïveté et la simplicité autour d'eux. (Bien qe, en l'écrivant...je me demande si ça fait de nous des héros ou des monstres pires que Dracula...)

L. a dit…

"T'es d'accord avec tout" ? Ben tu devrais aller loin, alors, au moins sur la bloggosphère ! J't'ai parlé de LHC ? Là bas, il y a plein de gens avec qui tu pourrais t'entendre.

Ou pas. Même en étant d'accord avec tout, j'imagine qu'il y a des limites !

Sur cette histoire de vampire, là, je comprends mieux pourquoi tu reviens régulièrement, espèce de monstrosaure à roulettes ! C'est pour te goinfrer de ma Naïveté personnelle ! Parce qu'en plus de me nourrir avidement de celle des autres (et ça fait de moi un héros, pas un monstre ! De toute façon, les gens, ils en font rien, de leur naïveté ! Ils la rebranchent que pour s'extasier devant "le plus beau film de l'année", et je ne sais même pas si c'en est encore, à ce stade !), j'ai quand même un stock perso assez phénomènal.

Alors les gens, je m'disais, là, on pourrait tous s'aimer les uns les autres pour v... Aieuh ! Mais attention ! ça pique, ces fourches ! Ouïeuh ! Les clous sont-ils bien nécessaires ? (air connu)

Corto a dit…

Mais oui, ils sont tout à fait nécessaires ! (autre air connu)

Corto a dit…

LHC ??
Naaaan mais non mais ça pourra pas le faire.
Je ne me sens pas l'âme d'un néocon. C'est tout un travail sur soi, avec déconstruction personnelle et reconstruction à l'envers, qui me fatiguent d'avance.
Surtout que franchement, vu le résultat, et par ces temps de crise, devenir un criticus ou un scheiro bis, c'est un coup à rentrer dans une milice d'auto-défense ou une connerie dans le genre, et j'ai pas que ça à foutre le soir, bordel de merde ! En plus, dans néocon il y a néo, et ça me rappelle deux trucs : Matrix et le fait que je ne suis jamais néo en quoi que ce soit. archéocon à la rigueur... Mais même ça, ça me ferait mal à l'estomac alors...

Non, il vaut mieux qu'ils marinent dans leur sauce aigre-aigre sans moi.

L. a dit…

"Marinent"...

La soeur de Seiyar ?


(ou une phobie de forban de smers ?)